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Comprendre et intégrer la nouvelle économie et la Société du Savoir par Dr Amath SOUMARE, SOPEL International INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET COMPETITIVITE AFRICAINE: Mondialisation, Tic, Société du Savoir

  Introduction

C’est avec un énorme plaisir de me retrouver parmi vous, dans la continuité de la réflexion sur les nouvelles orientations pour le développement stratégique des entreprises africaines face à la globalisation, les nouvelles technologies et la nouvelle Economie.

  Comme vous le savez, la fin du monde bipolaire a  substitué un monde d’ordre à un monde de chaos. La mondialisation, la globalisation financière, la financiarisation de l’économie et la digitalisation de la monnaie sont les nouvelles armes de cette guerre économique subtile qui s’est déclenchée.

  Cette rencontre de DAKAR sera marquée pour toujours dans la mémoire de chaque décideur ici présent. Elle marquera un tournant et le début d’une transition vers des activités nouvelles comme l’Intelligence Economique et la Nouvelle Economie. Elle marquera surtout la relégation ou la confirmation des innovations de certaines entreprises africaines. Enfin cette rencontre de DAKAR va permettre à chaque dirigeant, de mesurer   avec   objectivité   le   devoir   de mettre   au   service   de   son entreprise, toutes les capacités et moyens dont il dispose, pour saisir des opportunités ou détecter des menaces.

  Aujourd’hui, le défi capital à relever est de créer et maintenir au meilleur niveau, les avantages compétitifs dans la complexité croissante de l’environnement international.

  L’Intelligence Economique, la société du savoir, les Technologies de l’information, la nouvelle Economie sont les nouvelles armes des entrepreneurs de ce nouveau millénaire.

  L’Intelligence  Economique  peut  se  définir  comme   un  ensemble  de techniques et pratiques expertes pour la maîtrise de l’information stratégique, dans le cadre du développement des entreprises & Etats, dans la nouvelle Economie.

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COMPRENDRE ET INTEGRER LA NOUVELLE ECONOMIE ET LA SOCIETE DU SAVOIR

  Intelligence« : S’informer, comprendre, anticiper pour agir.

–         Quelle est la signification des phénomènes sociaux que nous observons?

–        Quelles sont les questions qui se posent, les bonnes questions?

–         Comment  peut-on  parvenir  à  une  interprétation  correcte  de notre environnement économique, politique et social?

  « Economie »: Production et utilisation de biens et services + Environnement sociopolitique déterminant.

  I/ LA NOUVELLE DONNE DE L’ENVIRONNEMENT DES ENTREPRISES

  Il est devenu banal de dire aujourd’hui que nous sommes entrés de plein pied dans la société de l’information. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication dont Internet constitue le référent identitaire,   sont   présentes   dans   tous   les   domaines   d’activité   des hommes, enseignement, documentation, édition, commerce, finance, médecine, loisirs, recherche scientifique, etc. La généralisation des échanges électroniques d’informations et de documents, le caractère universel   de   cette   nouvelle   communication   globale,   planétaire,   la rapidité et le caractère spectaculaire des mutations induites font de cette

« révolution » un moment clé de l’histoire de l’humanité.

  Mais  il  convient  néanmoins  d’éclairer  certains  points,  à  savoir  le pourquoi du comment. Nombreux sont ceux qui abordent la société de l’information comme ils abordent la société de la connaissance ; Il est clair que pour eux, ces deux concept signifient la même chose ; Pourtant nous sommes face à deux notions qui ne sont pas tout à fait identiques et  qui  découlent  directement  de  l’environnement  dans  lequel  nous vivons aujourd’hui, qui se veut globalisant ou mondialisant entraînant ainsi la naissance de ce que l’on appelle la nouvelle économie.

  De la société du savoir à la société de l’information.

Doit-on considérer que l’on fait allusion à la même chose quand on parle de

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société de la connaissance et de l’information ? que recouvrent réellement ces deux concepts ?

– Société du savoir ?

Nombreux sont ceux  qui ne font aucune distinction entre société du savoir ou

de la connaissance et société de l’information pourtant il en est une qui est

fondamentale. En effet, si la société du savoir a toujours existé, la société de l’information quant à elle, n’existe que depuis une vingtaine d’années: les hommes ont toujours vécu en groupe, ont produit, ont échangé du savoir, de la connaissance. La société de la connaissance est beaucoup plus vaste et complexe que la société de l’information qui n’en est, en définitive qu’une composante.

  Depuis la nuit des temps, celui qui avait une idée nouvelle devenait plus riche que l’autre, car il avait de la connaissance. Et en y réfléchissant bien, on peut constater que toutes les guildes, associations de métiers n’étaient  en définitive, que des associations de monopole pour protéger leurs connaissances.

  Mais  alors,  si  cette  société  de  la  connaissance  à  toujours  exister, pourquoi en insiste t- on avec aujourd’hui pour la mettre en avant ?

Ce   qui   a   changé   aujourd’hui,   c’est   l’importance   que   prend   la connaissance,       le       savoir,       la       connaissance       pénètre       tout aujourd’hui.   Les   produits  que  l’on  faisait  autrefois  sont  en  fait  les mêmes aujourd’hui, mais à la différence près qu’ils sont faits avec un très haut contenu de connaissances.  On se rend compte qu’aujourd’hui, le seul   moyen   d’être   compétitif   c’est   de   pouvoir   intégrer   de   la connaissance.

Mais qu’est-ce que ça veut dire intégrer plus de connaissance ?

Prenons  l’exemple  du  café:  si  l’on   achète  un  kilo  de  café  dans  un magasin, on constate rapidement que dans ce kilo, environ 90% est de la connaissance et seulement 10% revient à l’agriculture.

  En effet, il s’agit d’améliorer la qualité, le contrôle de qualité pour avoir une  qualité supérieure car  un café de base ne sera jamais vendu à un bon prix.

Intégrer   de   la   connaissance,   c’est   aussi   savoir   comment   faire

un  marketing plus rapide, plus animé, pouvoir produire un café qui est un peu plus chic,  fait « plus boutique » et ce n’ est qu’à ce moment-là

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qu’ il peut se vendre trois (3) fois plus cher ; la Colombie a donné un exemple particulièrement probant à cet égard ;  elle a toujours réussi à vendre  beaucoup  plus  cher  un  café  qui  était  fondamentalement  le même, car ils ont développé le mythe que le café colombien était le Bordeaux  des  cafés.   Et  cela  constitue  une  grande  introduction  du concept de la connaissance. A l’heure actuelle, les stratégies consistant à vivre dans un marché où l’on pense être plus compétitif, car on est moins cher ne marche plus.

  Certains pays l’ont compris et paradoxalement, ce sont surtout les PED qui l’ont compris plus rapidement : il y a dix ans, les Indiens  ont changé de paradigme, et se sont demandés s’ils ne pouvaient pas eux aussi être des   exportateurs   massifs   de   connaissances   et   aujourd’hui   c’est

l’exportation n°1 de l’Inde. C’est devenu le plus grand centre d’exportation d’informatique. Et l’autre exportation indienne, ce sont les indiens eux-mêmes: ils représentent 20% des employés de Microsoft à SEATTLE ; c’est vraiment une invasion tout azimut, car ils ont compris que c’est le futur.

  C’est  donc en ce sens que l’on a pu  entendre parler de «l’émergence de la  société  de  l’information».  On  est  passé  aujourd’hui  de  l’économie de  l’industrie à celle du savoir : on parle de l’économie de l’attention.

Vers une mutation structurelle : mondialisation et révolution de l’information

 Deux  phénomènes  caractérisent  le  mieux  notre  ère :  les  concepts jumeaux de mondialisation et d’économie de l’information.

  Les transformations que ces deux concepts  véhiculent- en termes de progrès social, économique, politique, technique et culturel – exercent leurs effets sur l’ensemble du genre humain et sur toutes les économies et sont de ce fait porteuses d’enjeux et de perspectives considérables.

  La mondialisation est un fait, un phénomène impliquant l’ensemble des pays    de    la    planète,    développés    et    en    développement,     une intégration  des marchés financiers, une  vitesse de progression du phénomène,  un impact indiscutable sur les plans social et culturel  ainsi que  le rôle clé joué par les technologies de l’information et de la communication.

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  Désormais  et pour toujours, nous vivons tous dans le même monde, pour le meilleur comme pour le pire.  Et c’est la conjugaison de la mondialisation des marchés et de la révolution des technologies de l’information (Tics) qui a crée la nouvelle économie et sa société.  C ‘est un monde en constante évolution, un monde aussi différent de l’âge industriel que l’était ce dernier par rapport  à l’époque où l’agriculture était reine.

  LES NOUVEAUXDEFIS DES ENTREPRISES DANS LA NOUVELLE ECONOMIE

  On  est  désormais   passé  de  l’économie  de  l’industrie  à  la  nouvelle économie, nouvelle société du tertiaire  qui passe par Internet: la société du savoir ou  de la connaissance. En effet, on est passé à l’ère de la marchandisation du savoir; La connaissance est  devenue l’un facteur des plus déterminants sans lequel on ne peut envisager aucune politique.

  Cette nouvelle société de la connaissance est ainsi caractérisée par la vitesse, l’immatérialité et l’interactivité ; On est passé du support papier au support électronique : le numérique.

  La société du savoir  s’accompagne d’un  décloisonnement des marchés avec une concurrence forçant une meilleure compétitivité et surtout, d’une surabondance informationnelle.  Dans cette nouvelle ère, les technologies  de  l’information  et  de  la  communication  (TIC),  ont  un rôle  et une place déterminante en tant qu’outil de développement et d’efficience  de  cette  information à tous les niveaux  et dans  tous les domaines (stratégique, éducation, santé, agriculture, commerce, finance, etc.).

 Et,      c’est      justement      l’influence      croisée      des      phénomènes de  mondialisation, de la société du savoir et des Tics, qui nous amènent à parler aujourd’hui de la nouvelle économie ou  de l’économie mondiale de la connaissance.

  Cette   nouvelle   économie   influe tant   dans   le   secteur   économique, sociétal  que  technologique ; Elle nous amène à adopter de nouvelles habitudes,       entraînant      des      changements      de      valeurs      et de  comportements,  avec de nouveaux outils et instruments de travail par exemple le développement du B2B, B2C, B2A, SOHO….

  Face     à     cela,      il     faut      prendre     conscience     définitivement,

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de  l’importance  du savoir, des contenus et  des talents individuels qui ont  désormais  plus  de  valeur  sur  les  marchés  que  l’industrie ;   Une nouvelle attitude doit être développée afin de pouvoir suivre le rythme imposé par cette nouvelle économie ; il devient primordial de s’adapter à celle-ci, si l’on veut survivre dans ce monde globalisé.

  Toutefois, nos sociétés accusent  une certaine fatigue face à cette accélération      de      la      mondialisation     avec      la      sensation      de manquer  d’emprise sur les évènements, mais également un certain sentiment  d’effritement  de  la  notion  d’état-nation, d’où  la   nécessité d’une réorientation stratégique vers l’univers des multimédias.

  L’ambition affichée de par le monde, est d’utiliser le potentiel de ces TIC, pour tirer une croissance à 2 chiffres, d’où une effervescence intellectuelle mondiale autour des grands enjeux de l’information.

  Il   devient   alors   nécessaire   de   développer   des   politiques   de   la connaissance afin d’être le plus en phase avec le nouveau visage qu’affiche  le  monde  aujourd’hui :  il  convient  d’élaborer  de  nouvelles stratégies et des plans de société car,  sans les stratégies adéquates, les TIC peuvent nous être fatales et se révéler être des facteurs d’aggravations d’inégalités.

  Envisagé comme cela,  tout paraît simple mais les revers de cette société du savoir peuvent avoir de lourdes conséquences et appellent à une grande prudence ; En effet, toute nouveauté à son lot d’inconvénients tel que  la   cybercriminalité,  l’insécurité  financière  et  bancaire,   tous  les usages pervers auxquels on peut avoir recours,  le problème du nouveau rôle voire de la disparition de certaines institutions, le problème de la propriété intellectuelle (…..). Il est évident que cette nouvelle économie appelle à de nouvelles règles qui devront être mises au point le plus rapidement possible.

  On l’aura bien compris, on est aujourd’hui face à un phénomène qui ne date pas d’hier, mais qui prend à l’heure actuelle des propensions incroyables,  n’épargnant personne ou plutôt,  qui ne devrait épargner personne, les  pays développés comme les pays en développement.

  NOUVELLE ECONOMIE ?

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« Définir  la  nouvelle  économie  revient  à  préciser  ses  trois  éléments fondateurs : une matière première, une source d’énergie, un moyen de transport. Ainsi l’information, le plus souvent sous forme numérique est la matière première. L’énergie indispensable pour traiter, transformer, organiser est, non pas l’électricité mais l’électronique et tout particulièrement l’industrie des semi-conducteurs. Enfin, les réseaux numérique au centre desquels Internet joue un rôle déterminant constituent l’indispensable moyen de transport destiné à acheminer l’information  sous  toutes  ses  formes »,  (Bernard  Mahe  &  Grégoire  Aladjreti, Economistes).

  Il faut bien comprendre que la nouvelle économie ne fait pas disparaître l’ancienne, elle s’y superpose, en ajoutant de nouvelles règles et de nouveaux outils: La civilisation contemporaine traverse une mutation profonde qui se caractérise par le passage d’une « société de production » à une « société d’information et de savoir ». L’information sous-tend actuellement toute activité humaine. C’est le point central de cette nouvelle économie.

L’ECONOMIE DE L’IMMATERIEL

  Ce  qui  change  fondamentalement  entre  l’ancienne  et  la  nouvelle économie c’est la dimension espace-temps.

  En effet, le fondement de l’économie, c’est l’échange qui s’effectue au rythme   de   la   communication :   la   communication   est   aujourd’hui devenue l’épine dorsale du monde grâce à  Internet et aux réseaux téléinformatiques.

  Quant au temps, ce n’est plus d’accélération qu’il convient de parler,

mais de  contraction ; L’information, l’échange ont lieu en temps réel

dans le monde entier.

  Les technologies de l’information et de la communication ainsi que la

révolution  numérique  nous  font  entrer,  « nolens  volens »,  dans  une nouvelle ère dont l’une des principales caractéristiques est le transport instantané de données immatérielles, et la prolifération des liaisons et des réseaux électroniques. Internet constitue le cœur, le carrefour et la synthèse de la grande mutation en cours.

  « Les autoroutes de la communication sont à l’ère actuelle, ce que les

chemins   de   fer   furent   à   l’ère   industrielle :   de   vigoureux   facteurs

d’impulsion et d’intensification des échanges. » (Christian PONCELET).

  On observe ainsi une dématérialisation de l’économie, accompagné de la délocalisation ou même de la « globalisation » des entreprises, des institutions, de tous les lieux de pouvoir.

  Cette nouvelle société de l’information se veut fluide, rendant ainsi les informations   largement  partagée,  dans  une  volonté  d’en  accroître l’accès universel, mais également d’en réduire le coût au niveau le plus bas possible.

  La société de l’information met à mal la notion de frontière, elle n’est pas compatible avec les pratiques de cloisonnement et le refus de communiquer, avec les tentatives d’appropriation abusive des idées. Internet, les technologies de l’information et de la communication sont désormais des vecteurs de l’échange universel et ne connaissent pas les frontières traditionnelles, qui veulent enfermer les échanges dans des mondes clos sur eux-mêmes. Il en va des frontières entre pays ou entre communautés, comme des frontières entre chapelles, entre disciplines, entre organisations.

  Le monde ouvert de la nouvelle culture informationnelle engendre de nouveaux modes de pensée, de valeurs, de comportements  et de travail (SOHO, B2B, B2C..) .Dès lors ce monde ouvert devient aussi ferment d’innovations véritables et profondes, tant individuelles que collectives ou même sociétales : « Le changement devient la règle et la stabilité, l’exception » (Hervé Serieyx, Le Big Bang des organisations).

  L’autre  caractéristique  de  cette  révolution  de  l’information  est  sans doute sa vitesse. Les transactions s’accélèrent, les délais de décision se raccourcissent. Rester informé, est une occupation à temps plein, l’échange d’informations est pratiquement instantané et le rythme du travail augmente sans cesse. À l’heure où des tâches plus nombreuses peuvent  être  effectuées  plus  vite,  les  organisations  et  les  individus doivent faire preuve de flexibilité et d’une réelle faculté d’adaptation pour suivre cette évolution. Les organisations qui avancent sur les autoroutes de l’information peuvent pratiquement mesurer la vitesse du changement en nombre de révolutions par minute.

Ce qui importe, c’est le CONTENU :

La  nouvelle  économie  est l’économie  du  savoir caractérisé  par  le  fait  que l’innovation a davantage d’importance que la production de masse, que les financiers investissent plus dans de nouveaux concepts ou les moyens susceptibles de les créer, que dans l’équipementier.« la mutation majeure est celle du passage à une société du savoir, dans laquelle la ressource économique fondamentale n’est plus l’outil de production, le travail ou le capital mais la connaissance» (Peter Drucker, Economiste).

L’économie de l’information se rapporte à une nouvelle structure économique mondiale dans laquelle la production de biens et de services d’information est prédominante dans la création de richesses et d’emplois et repose sur l’utilisation des technologies d’information et de communication (TIC) et d’une infrastructure mondiale d’information. Cette nouvelle économie prospère sur le savoir et l’innovation continue. Elle privilégie l’information dans l’entreprise économique et met l’accent sur l’utilisation du savoir et de l’information symbolique susceptibles d’être intégrés dans les biens et services matériels et non matériels.

C’est dans ce sens-là que l’on peut interpréter le savoir par rapport à la compétence ; La compétence est un mélange de savoir explicite, de talents, d’expérience, de jugements, de règles de valeurs. Aujourd’hui, ignorer ou détruire la compétence pénaliserait forcément une organisation ou un Etat.

Caractéristiques   Economie

industrielle

  Economie      de

l’information

Source d’avantages

compétitifs

  Terre, main d’œuvre

et capital

  Savoir
Mode                    de

production

  Autorités

hiérarchiques

  Innovation à

travers les services et les réseaux

Champ

d’intervention

  Local/Régional   Mondial
Classification

industrielle

  Distincte; multiple   Diffuse;

Architectures

 

    Source : E/ECA/ADF/99/7

  Dans  la  nouvelle  économie,  l’information  et  le  savoir  constituent  les facteurs de production essentiels. Cela ne signifie pas, que les autres

facteurs de production ne sont pas importants. Ils sont seulement surpassés par le facteur du savoir.

De la société de l’information

  Par  « société  de  l’information »,  on  entend  une  forme  spécifique d’organisation sociale dans laquelle la  production, le traitement et la diffusion d’informations sont les sources fondamentales de productivité et  de  puissance.  Cette  expression  a  peut-être  été  forgée  pour  la première fois en 1980, par Yoneji Masuda qui estime que la société de l’information est la « société post-industrielle ».

  On peut assez précisément dater l’émergence de cette société de l’information du début des années 90 avec le développement des usages d’Internet, d’abord à travers la généralisation du recours à une messagerie électronique universelle, puis par le biais du Web dont la croissance organique, rapide et exponentielle, est réellement un phénomène de société irréversible. Il serait toutefois erroné, de considérer la société de l’information sous son seul aspect technologique et   de   l’assimiler   au   seul   développement   des   technologies   de l’information et de la communication et du document numérique en réseau.

Derrière ces technologies d’une grande souplesse et simplicité d’utilisation et dont le caractère universel, global est évident, se manifestent de nouveaux comportements des hommes et des groupes humains, modifiant leurs façons de penser, d’apprendre, de travailler, de coopérer. Cette société de l’information dont on dit aussi qu’elle est société de la connaissance et de l’intelligence, se développe sur la base d’une nouvelle culture de l’information. Les échanges de données et la communication électronique généralisée entre les hommes et les groupes, tant à l’échelle planétaire qu’au niveau local, constituent désormais  un facteur  incontournable de  développement individuel et collectif.

  L’économie de l’information est la contribution de la technologie de l’information  à  la  croissance  économique  de  la  société.  Les enseignements tirés de l’expérience des pays qui ont adopté l’économie de l’information sont que la technologie de l’information contribue à la prospérité future d’un pays, transforme l’activité dans le sens d’une plus grande productivité et constitue un vecteur stratégique pour la diffusion

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d’informations cruciales.

  Elle débouche sur des perspectives renouvelées en matière d’éducation et  de formation et plus généralement d’accès à l’information, à la documentation, à la connaissance (enseignement à distance, auto- formation, bibliothèques et universités virtuelles,…). Elle autorise de nouvelles modalités d’organisation du travail, de coopération ou de développement et de mobilisation des compétences (télétravail, entreprises virtuelles, communautés de travail,…), transforme encore de nombreux domaines de l’activité humaine avec des avancées spectaculaires en matière de télémédecine, d’accès aux loisirs, de commerce électronique, etc.).

Elle  donne  enfin  de  nouvelles  possibilités  de  développement  à  la

démocratie, à la gouvernance, à la coopération citoyenne, à la vie associative, à l’expression des points de vue divers et variés sur les sujets de préoccupation actuels et cruciaux de la société.

  Devenue    première    ressource    économique,    l’information    remet totalement en cause la notion de temps et d’espace. Elle nous impose une redéfinition de nos relations, de notre travail, de notre éducation, de nos échanges. L’information est le seul bien qui se multiplie lorsqu’il est partagé. Elle pose donc un double défi en termes de gestion : préserver une ressource rare tout en maîtrisant sa surabondance. La révolution de l’information est à l’ordre du jour. Un enthousiasme croissant se manifeste et l’on voit les grands de ce monde, les politiciens, les chefs d’entreprises et les spécialistes du développement emportés par cette « ruée vers l’or » des temps modernes qui les pousse à rechercher un usage optimal des technologies de l’information et de la communication.

  Les mutations occasionnées par la nouvelle économie

La nouvelle économie est celle du savoir, et il va sans dire, que celle-ci entraîne des modifications au niveau des modes financiers, technologiques et des schémas culturels.

La société du savoir est donc une société où le tertiaire  prend toute son

importance et qui s’articule autour de trois types de mutations.

des mutations technologiques

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  Si   l’impact   macroéconomique   de   cette   déferlante   technologique demeure contesté, on a le sentiment intuitif qu’il revêt plus d’importance qu’il n’y paraît à première vue et qu’il produit des effets considérables dans l’économie mondialisée, conditionné par l’accès aux TIC. L’importance des TIC a pour fondement la numérisation ; En effet, on est passé de l’analogique au numérique, au support électronique interactif, Internet. S’il est un fait, c’est que l’on a bel est bien changé de support.

  La numérisation a rendu possible la convergence de différents médias pour assurer une transmission de l’information à la fois rapide, efficace par rapport au coût et sans déformation ; On parle de mass média ou de pluri-média. Cette évolution correspond à une nouvelle perception de la technologie qui, en soi, n’est plus un instrument de facilitation mais un moteur du changement.   Internet, les technologies de l’information et de   la   communication,   sont   désormais   des   vecteurs   de   l’échange universel et ne connaissent pas les frontières traditionnelles qui veulent enfermer les échanges dans des mondes clos sur eux-mêmes.

  Les  fonctions  d’entraînement  et  la  mise  en  place  de  réseaux  qui caractérisent les TIC signifient, que de plus en plus, celles-ci deviennent des technologies fondatrices. Elles représentent l’infrastructure indispensable à une grande variété de processus de production industrielle. Elles facilitent une multitude d’activités qui peuvent ainsi être menées différemment, à moindre coût et de façon plus efficace. Elles constituent un nouveau facteur de production qui s’inscrit comme fondement de l’économie de l’information. L’accélération de leur développement est  donc due à ces nombreuses convergences tant technologiques (satellite, mobile, Internet, etc.) que médiatiques (télévision,  imprimé,  multimédia,  etc.).   Et  parce  que  chaque convergence est une hybridation médiatique qui offre de nouvelles applications, elle fait surgir de nouvelles clientèles ; d’où l’impact des TIC sur les pôles sociétal et économique.

des mutations économiques

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  La nouvelle économie émerge et se superpose à l’ancienne. Elle prend la forme  d’une  spirale  contrôlée  par  des  groupes  de  financiers  qui s’appuient sur Internet.  Cette spirale devient une recherche constante de nouvelles clientèles et de nouveaux capitaux. Sa principale caractéristique est la réorganisation de la chaîne de production-diffusion permettant d’offrir plus de valeur ajoutée et de volume via un réseau de magasins  virtuels, c’est-à-dire  d’entreprises  moitié  édifice  et  moitié Internet (online).

  La nouvelle économie fonctionne en temps réel grâce à des réseaux de communautés financières de plus en plus synchronisées, ce qui la rend vulnérable à tout événement négatif qui fait perdre confiance aux gens.

  Mondialisation   et    nouvelle   économie   influent   donc   de   manière constante sur l’économie. Aujourd’hui, il est question d’économie mondiale ;  on observe un décloisonnement des frontières, des marchés facilité   justement   par   la   rapidité   et   la   vitesse   des   moyens   de communication. :    On    assiste    ainsi    a    une    mondialisation    ou globalisation  des marchés dont nous sommes nous – mêmes les acteurs. La nouvelle économie  possède plusieurs caractéristiques et  utilise de nouveaux outils que les décideurs et les promoteurs doivent apprivoiser. Ses principaux outils sont les alliances, les portails, le branding et une stratégie de prix variables. (voir EBay, Priceminster, etc.)

une cadence d’innovation qui s’accélère

L’information comme nouvelle matière première

    Un fonctionnement transversal et non pyramidal de nos organisations : De      la   division   du   travail   par   métiers,   nos   entreprises   doivent irrémédiablement passer à un travail en équipe pluridisciplinaire où sont réunies toutes les professions concernées par la réalisation d’un produit.

  L’homme, avec son savoir, son savoir-faire, son savoir-être, l’homme détenteur de l’information, est placé au cœur des mécanismes économiques, culturels, politiques et sociaux.

  L’ancienne   économie   se   calculait   en   additionnant   des   ressources tangibles comme le capital ou l’immobilier. La nouvelle économie repose

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sur l’interaction entre des actifs beaucoup plus immatériels, rendant difficile le calcul de sa productivité : le capital humain (le talent, les compétences, la culture de l’entreprise, etc.), le capital savoir (la recherche, l’innovation, les connaissances explicites et tacites), le capital client (le nombre de clients fidélisés) et le capital de la marque (sa notoriété).

  À  tout  ceci  il  faut  ajouter  l’exploitation  d’une  ressource  vraiment intangible, l’innovation, qui utilise ce réseau d’intelligence répartie que sont les internautes. Les transformations sont significatives: d’un marché dominé par l’offre, à un marché dominé par la demande. On bascule irrémédiablement vers un monde où le client est roi; le client peut aujourd’hui choisir, il exercera son droit, son pouvoir. Et nos entreprises contraintes de s’adapter à leurs désirs. Conséquence directe de ce renversement: une cadence d’innovation qui s’accélère, des machines, des chaînes de production non adaptées aux changements trop rapides exigés par la nouvelle économie; plus grave encore, des structures d’organisation d’entreprises trop lourdes pour pouvoir réagir au mouvement .

  Nous passons du compliqué au complexe. De structures pyramidales, hiérarchisées, compartimentées, nous évoluons vers un travail en réseau d’où cette réorganisation du tissu économique avec cette  affluence de

« méga majors » visant à optimiser la satisfaction du client et donc à

vendre plus de produits et services avec une politique du pool and push

et le développement d’un marketing One to One (1to1).

  La nouvelle économie ne serait pas la nouvelle économie sans parler de l’information.  Parce  qu’elle  déplace  les  marges  de  bénéfices, l’information devient le centre de gravité de la nouvelle économie et commence à exiger la création d’un nouveau modèle capable de développer une économie du savoir.

  Le moteur de la nouvelle économie n’est pas tant l’utilisation du volume ou l’intégration de la chaîne de production-diffusion pour baisser les prix,

mais la production de valeur ajoutée. Mais attention, la masse informationnelle n’équivaut pas à la connaissance, le vrai défis c’est de savoir l’analyser, la schématiser et l’utiliser au bon moment.

– des mutations sociétales

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  Enfin, la nouvelle économie influe sur nos comportements, habitudes ;

nos schémas culturels vont être modifiés.

  La société du savoir émerge avec l’arrivée de nouvelles clientèles de

citoyens  et  de  consommateurs  ayant  de  nouveaux  comportements. Ceux-ci sont créés par un fort courant de personnalisation suscité par l’interactivité des systèmes et des réseaux employés. L’apprivoisement et la fidélisation de ces clientèles sont au cœur du développement de la nouvelle économie.

  Face à cela,  on a pu observer depuis plus d’une décennie, l’apparition de groupes d’intérêts, de collectivités locales et territoriales; En introduisant l’interactivité, à partir des années 90, les TIC créent une multitude de groupes d’intérêts de toutes sortes. Le grand public se fragmente en collectivités formées de membres participants à leurs diverses activités grâce aux nouveaux outils électroniques. (news group, communautés virtuelles, etc.)

  Ainsi, aujourd’hui, un être humain, selon ses besoins, peut-il à la fois être un membre de ce grand public et aussi de plusieurs collectivités.

  L’une  des  forces  qui  façonnent  la nouvelle société est la personnalisation; c’est surtout elle qui, en modifiant les processus de socialisation, suscite les groupes d’intérêts. À cause de l’interactivité des services électroniques, l’Internet devient un outil décentralisateur, ses réseaux réagissant fortement à une individualisation de la demande d’où le concept de marketing 1 to 1. Ainsi, nous assistons en ce moment à un foisonnement des groupes qui veulent affirmer leur identité à partir de leur territoire et des gens qui l’habitent.

  Cette  personnalisation  de  masse  devient  le  fondement  du commerce électronique, car elle fait surgir des produits de plus en plus spécialisés destinés     à     des     groupes     d’intérêts,     c’est-à-dire     des portails thématiques dédiés aux micromarchés ou niches, avec comme corollaire économique, la bataille qui débute pour la fidélisation des clientèles et comme corollaire sociétal, le droit à la différence.

  Ces mutations de la société ne sont pas sans avoir un impact direct sur les comportements des individus au sein de leurs entreprises. On a pu observer des changements, des nouvelles formes de travail, de ventes qui  sont apparues avec le développement de l’e-commerce, du B2B (business  to  business),  du  B2C  (business  to  consumer),  le  travail  à domicile (SOHO).

  Trois mots-clés : Loyauté, motivation et souplesse :

  De part l’allégement des structures et la dispersion des personnes, il est attendu des collaborateurs une plus grande loyauté dans le travail, une véritable éthique vis-à-vis des clients, des collègues, vis-à-vis de l’entreprise.

  La compétition allant grandissante, la motivation du collaborateur et sa souplesse  seront  déterminantes  :  une  motivation,  un  investissement dans  le  travail  qui  doit  pouvoir  aller  jusqu’à  l’acharnement  ;  une souplesse dans les relations, une mobilité dans les déplacements.

  Finalement,  des  hommes  et  des  femmes  contraints  de  s’adapter,  de

modifier leurs habitudes, d’acquérir de nouvelles connaissances.

  Mais la grande révolution du XXIème siècle est ce sentiment qu’on les individus de participer au développement de la société. Et cette participation sera d’autant plus développé et accentué qu’il sera exercé par ceux que l’on appelle la génération X et Y (ceux nés entre 1961/1979 et 1980/1994).

  En   effet,   l’autre   mutation   sociétale   importante   est   justement   la génération des « baby boomers » (1943/1960), les générations X et Y étant culturellement opposés. La génération du livre a été remplacée par celle de la télévision puis par celle d’Internet. Cette dernière défend le bip, le click, le rap et le zap (e- generation).

  GIgénération

X&Y

1901-1924

  Silent

génération

1925-1942

  Boomer

génération

1943-1960

  X & Y

génération

(génération

NINTENDO)

1961-1994

  Culture de la

belle époque façonnée par les classiques et le cinéma

  Culture des

années folles façonnées par la radio

  Culture de

l’après – guerre façonnée par les mas médias

Culture

mondialiste façonnée par Internet et le jeux vidéo

 

 

 

 

  Poursuite :

sécurité

économique

  Poursuite :

plaisir

personnel

Poursuite :

Satisfaction

– Avoir le contrôle d

– Avoir une mobilité sociale ascendante

– Respecter les

règles

– Faire ce que doit

– Intérêts pour les autres

– Avoir une vie pleine et riche

-Tout avoir tout

de suite

Faire ce que veut

-Intérêts tournés sur soi

sa vie

– Respecter ses habilités

– Faire de son mieux

-Intérêts pour

la qualité de vie

  Il faut que les générations communiquent entre elles. Il  faut que notre génération parle à ses enfants de ce qui l’émeut, sinon les enfants ne verront pas le monde tel qu’il est, mais tel que les images le montrent.

  La  mondialisation  de  la  culture  est  consacrée  à  travers  la  célébrité mondiale de nombre d’idoles et de grandes vedettes du monde du spectacle: ce qui importe c’est l’ « Entertainment », le monde du rêve que l’industrie de la communication nous vend.

  Elle favorise une certaine perception de la réalité et permet à chaque individu de vivre le « rêve », d’être acteur de la société mondiale de la consommation. S’il est fondamental que chaque pays relève le défi de la création de contenus destinés à une audience mondiale, un autre défi se pose actuellement, celui de faciliter l’accès à la culture en l’absence de contenus propres à chaque pays.

  La  nouvelle  économie  porte  en  ses  flancs  la  liberté,  pas  l’égalité,  la mondialisation, mais pas l’uniformisation.

  Tableau  récapitulatif  des  mutations  occasionnées  par  la  nouvelle économie, (source, Michel cartier)

  LES DIFFERENTS DEBOUCHES DE L’ECONOMIE DES RESEAUX

  Faisant  de  plus  en  plus  appel  aux  technologies  de  l’information,  les services tendent à dépendre davantage des apports de capitaux et de

ressources humaines. C’est pourquoi certains analystes estiment que les pays en développement ne peuvent soutenir une concurrence internationale dans les services et que la libéralisation des échanges dans ce domaine ne présente pour eux qu’un intérêt limité. Il s’agit d’un point de vue erroné.

  Les pays en développement sont déjà présents dans des secteurs où ils disposent d’avantages comparatifs dans les services informatiques, et cela va continuer. En outre, la libéralisation n’a pas seulement pour but d’élargir les exportations, mais surtout d’aider les producteurs nationaux à accéder  à  des  services plus efficaces et diversifiés  sur les marchés mondiaux.

  Les services aux producteurs gagnent en importance dans le cadre d’une stratégie de développement axée sur l’extérieur. Pour affronter la concurrence internationale, les exportateurs dynamiques recourent de plus en plus à des cycles de produits écourtés, à une livraison rapide et à un service à la clientèle améliorée. Résultat, la part des services dans les exportations finales s’accroît.

  Dans les industries sensibles aux échéances, les entreprises doivent être rapides   ou   disparaître.   Les   prestataires   de   services   innovateurs améliorent les systèmes de transport et de communication et créent une infrastructure de services de pointe.

  Celle-ci   devient   à   son   tour   un   critère   essentiel   dans   les   choix d’implantation des exportateurs. Les nouvelles économies industrielles d’Asie de l’Est ont particulièrement bien réussi à mettre en place une infrastructure moderne de services aux producteurs

  Dans le développement, il n’y a pas de formule magique, pas de méthode toute faite: seul le bon  sens et la compétence comptent. L’Entreprise Africaine doit construire son propre développement et l’adapter surtout à   ses   environnements   interne   et   interne.   Ainsi   apparaissent   une multitude d’outils, et un nouveau concept stratégique de Management de l’Information: l’Intelligence Economique.

  Elle est la seule démarche qui donne aujourd’hui une réponse concrète et  adaptée  qui  permettent  d’améliorer,  si  ce  ne  sont  les  résultats, mais  surtout  l’environnement chaotique dont les Etats et les entreprises africaines sont confrontés.

  L‘INTELLIGENCE ECONOMIQUE COMME REPONSE AU DEVELOPPEMENT DES ENTREPRISES

  Comme     vous     le     savez,     l’intelligence     économique     a     pour

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objectif  principal, d’obtenir des réponses à des questions en découvrant des intelligences entre deux ou plusieurs informations ou situations préalablement mémorisées. Il s’agit de poser des problèmes stratégiques de développement, et de chercher des solutions adéquates à travers différents outils.

  Ce concept moderne d’intelligence économique fut développé pour la première  fois  à  la  fin  des  années  1960  aux  Etats  Unis  par  Harold Wilensky. Il pose dans son ouvrage deux problématiques qui font l’objet aujourd’hui de tant de préoccupations :

  Les  stratégies  collectives  et  la  coopération  entre  gouvernements  et

entreprises dans la production d’une connaissance commune pour la défense et l’avantage concurrentiel.

  L‘importance  de   la  « connaissance »  dans  l’économie  et  l’industrie

comme moteur stratégique du développement et du changement.

  Pour introduire la notion d’intelligence économique, Wilensky identifie quatre déterminants de l’allocation de pouvoir, d’argent et de temps à l’intelligence        (entendue        comme        le recueil, l‘interprétation et la valorisation   systématique  de  l’information  pour  la poursuite  de  ses buts stratégiques) dans une organisation:

  Le degré de conflit ou de compétition dans l’environnement est lié de façon caractérisée au degré d’implication, ou de dépendance envers un gouvernement;

  Le  degré  de  dépendance  de  l’organisation  sur  le  soutien  interne  et l’unité;

  Le degré auquel les organisations internes et l’environnement externe

font l’objet d’une croyance du management dans leur possibilité d’être rationalisés, c’est à dire, caractérisée par des uniformités prévisibles, et donc sujet à l’influence;

  La  taille  de  la  structure  de  l’organisation  –  l’hétérogénéité  de  ses

membres, la diversité de ses buts et  la centralisation de son système

d’autorité.

  ANTICIPER POUR AGIR, L’INTELLIGENCE STRATEGIQUE

  Sun Tzu dit : « La guerre […] est le domaine de la vie et de la mort […] il est impérieux de bien la régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui la concerne, c’est faire preuve d’une coupable indifférence pour la

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conservation ou pour la perte de ce qu’on a de plus cher » (L’art de la

Guerre).

  Appliquée  à  l’économie,  cette  rhétorique  guerrière  du  capitalisme

enflamme  les  esprits  depuis  quelques  années, tout  en  insufflant une confusion dangereuse sur l’importance à accorder aux outils de ce que l’on nomme selon l’air du temps renseignement concurrentiel, veille technologique, intelligence économique, business intelligence, competitive intelligence, etc…

  Mais de quoi parle-t-on?

Avant tout de la pérennité de l’organisation dans un environnement de plus en plus incertain, concurrentiel et protéiforme, face à la globalisation de l’économie, à  la dématérialisation de la société transformée en société du « savoir » à l' »accélération » du temps.

  Ses   décisions   stratégiques   reposent   sur   une   information   cruciale, aujourd’hui issue d’un univers qui se complexifie où l’espace-temps se rétrécit, où les processus se sont accélérés et nécessitent des réactions rapides.

  Dans ce contexte turbulent, l’intelligence économique apparaît comme le processus de gestion de l’information critique dont la finalité est la réduction de l’incertitude dans la prise de décision. L’intelligence économique a pour objet la réduction de la part d’incertitude dans toute prise de décision.

  Dans    un    environnement    turbulent    et    complexe,    l’anticipation préliminaire à l’action est essentielle pour la compétitivité de l’organisation.   L’intelligence   économique   s’impose   comme   pratique d’aide à la décision, que celle-ci soit d’ordre stratégique ou tactique.

  L’intelligence économique est un processus à forte valeur ajoutée de gestion de l’information. Elle obéit à des règles strictes de transformation d’un   questionnement   en   renseignement   utile   pour   le   décideur   : préparer   une  recherche,  analyser,  interpréter  et  diffuser  une information dans l’objectif premier de prendre une décision non- aléatoire.

  L‘INTELLIGENCE ECONOMIQUE, FACTEUR DE COMPETITIVITE

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  L’intelligence  économique  est  une  pratique  qui  permet  de  gérer  au mieux le savoir, élément du capital de l’organisation pour l’efficacité de la stratégie.

  Au même titre que sous l’ère industrielle le travail et le capital étaient les

facteurs essentiels de production, sous l’ère du savoir l’information est devenue   un   facteur   primordial   de   compétitivité.   Cette   matière intangible, et donc difficile à appréhender, possède cependant ses spécificités propres. C’est un capital immatériel, la donner ne signifie pas que l’on s’en dépossède. Elle a un potentiel de différenciation : l’information clé que les concurrents n’ont pas est celle qui possède une réelle valeur. Enfin l’information est une matière à forte dégradabilité : le temps désagrège sa valeur et son utilité.

  L’entreprise doit pour maintenir un avantage concurrentiel, développer un climat propice à la créativité. Comment ? En multipliant les perspectives, en décloisonnant les experts, en enrichissant le choix des décideurs.

  Il faut donner à l’information son pouvoir d’ouverture des possibles car

c’est elle seule qui sert à réduire l’incertitude, à juguler l’imprévisibilité de l’environnement ». L’intelligence économique — discipline et pratique

– répond à ce besoin.

  « C’est la capacité d’obtenir des réponses à des questions en découvrant

des intelligences entre deux ou plusieurs informations préalablement

mémorisées ».

  L’intelligence économique en tant que discipline consiste à transformer

des informations brutes collectées en renseignements directement utiles à la prise de décision ; elle rejoint donc l’optique de la stratégie — du grec « stratos » (chef  de guerre) et « agein » (conduire)  — qui est « l’art d’optimiser l’allocation des ressources en les concentrant au point d’impact maximal » (Carl Von Clausewitz, De la Guerre, 1888, édition française 1989 Editions Ivrea).

  L’intelligence  économique  est  une  expression  encore  souvent  mal comprise ou mal utilisée. Il existe une multitude de vocables ou de formules qui créent la confusion: intelligence économique, compétitive intelligence, renseignement commercial, veille concurrentielle, business intelligence…

  L’intelligence  économique  est  l’expression  la  plus  globale  car  elle applique la gestion de l’information à tous les acteurs de la Nation y

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compris l’Etat et ses émanations comme à la fois demandeurs et prestataires de renseignements. L’intelligence stratégique, quant à elle, fait plus spécifiquement allusion à l’univers de l’entreprise et de son environnement concurrentiel au sens large.

  En outre, une confusion supplémentaire est née de l’homonymie entre le mot intelligence en français et en anglais. En français, il évoque la faculté mentale de  comprendre, de connaître, de discerner, de réfléchir (mais aussi, dans un langage littéraire, la connivence, la collusion). En anglais, il signifie aussi littéralement « Services secrets »  (ex. : Central Intelligence Agency », NSA).

  Or, les Francophones rechignent à utiliser le terme au sens anglo-saxon qui   semble   faire   resurgir   chez   eux   toute   la   mythologie   liée   à l’espionnage. C’est pourquoi le terme de veille est souvent utilisé bien qu’il   ait   le   défaut   d’évoquer   la   passivité   et   que   sa   pratique   ne corresponde qu’à une partie du projet d’intelligence économique. Il convient donc d’utiliser et de comprendre le terme d’intelligence au sens anglo-saxon.

  Aujourd’hui  la  démarche  est  bien  plus  ancrée  dans  une  cohérence globale au service de la compétitivité de l’entreprise. De fait, en soi une ou plusieurs informations isolées n’offrent pas d’intérêt pour le décideur. Ces mêmes informations deviennent hautement stratégiques si et seulement si elles sont comprises et utilisées, et ont donc subit un processus  de  valorisation.  L’intelligence  économique  a  ceci  de  neuf qu’elle dicte le processus de la chaîne de valeur ajoutée.

  QUELLE  EST  LA  CHAINE  DE  VALEURS  AJOUTEE  DE  L’INTELLIGENCE

ECONOMIQUE ?

  Une fois recueillie, l’information subit un traitement à valeur ajoutée pour passer de l’état de données brutes à l’état de renseignements. La valeur ainsi créée se concrétise en actions.

  La  chaîne  de  valeur  ajoutée  de  l’intelligence  économique  permet  de

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passer de données brutes à des données fiabilisées puis à l’information et enfin au renseignement c’est-à-dire une information sophistiquée directement  utile  aux  décideurs  pour  diminuer  l’incertitude  de  leurs choix. L’information n’est qu’une matière première factuelle tandis que le renseignement est « une connaissance élaborée, évaluée, vérifiée, recoupée et analysée. Une fois admis pour vrai, c’est un savoir confidentiel qui n’est pas accessible à tous ».

  Le   renseignement   est   un   élément   de   connaissance   recherché   et correspond à un besoin précis du décideur « il est donc recueilli par des personnels qualifiés puis étudiés avec méthode par des cellules spécialisées ». Selon cette définition la notion de renseignement est clairement reliée à une organisation dont le fonctionnement repose sur la disponibilité et le traitement de certaines informations fiables.

  La chaîne de valeur ajoutée se déroule en quatre phases : la préparation, l’analyse,                     l’interprétation   et   la   diffusion.   Chacune   de   ses   phases correspond à une ou plusieurs étapes. Sur la base de la production de données,  la  phase  de  préparation  correspond  à  l’identification  des besoins  ;  la  phase  d’analyse  se  décompose  en  premier  lieu  en  la définition des solutions techniques et la collecte des données, en second lieu en la validation et la viabilisation des données incorporant une vérification des sources et enfin en traitement : la phase d’interprétation est l’étape de hiérarchisation, de structuration et de synthèse ; la phase de diffusion est la communication des renseignements sous forme de synthèses, de notes, voir oralement, débouchant sur la décision et l’action.

  La   phase   de   préparation   est   capitale   :   satisfaire   un   demandeur d’informations est infiniment moins difficile que de savoir ce qu’il veut. Face à la surabondance d’informations en circulation, l’identification des besoins est indispensable : quels sont les acquis à protéger ? Qui change de stratégie ? Qui sont les concurrents gênants ou qui  pourraient le devenir ? Tous les problèmes doivent être posés en termes de décisions à prendre qui seront traduisibles en informations à recueillir et dans ce domaine la précision est bienvenue.

  « Reduce your data, increase your thinking », autrement dit, l’intelligence

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est inversement proportionnelle à la masse d’informations recueillies et par conséquent la recherche doit être bien ciblée y  compris pour en maîtriser son coût. Comme toutes les autres grandes pratiques de l’organisation, l’intelligence économique est une démarche qualiticienne dont l’efficacité économique est forte si le taux de déchets (résultats des opérations successives de tri séparant les données de la décision) est faible.

  La phase de préparation suivie de la définition des solutions techniques de collecte est essentielle pour assurer l’équation économique de la chaîne  de  valeur  ajoutée.  Pour évoquer les  bases  de cette phase de préparation, il faut faire référence aux concepts d’ignorance savante et d’ignorance profonde. Par ignorance savante il faut entendre que l’individu ou l’organisation qui pose des questions a conscience de ses lacunes tandis que dans l’état d’ignorance profonde, l’individu ignore… qu’il  ignore  !  Autrement  dit  nous  sommes  riches  de  ce  que  nous détectons être une ignorance.

  Les besoins en information identifiés, peut alors commencer la deuxième phase dite d’analyse. Se pose alors la question de la recherche et de la collecte   de   cette   information   et   par   conséquent   de   localiser   et d’exploiter les sources au meilleur rapport coût/qualité.

  LES DEUX SOUCES D’INFORMATIONS: FORMELLE ET INFORMELLES

  Les   sources   formelles se   trouvent   sur   un   support   (papier,   films,

informatique…) et elles sont nombreuses : banques de données (scientifiques, économiques…) : études et rapports publiés par les organismes publics, Ministères, instituts spécialisé, les livres, les médias (Internet,  télévision,  radio, presse écrite), les  publications légales  des entreprises (rapports annuels, plaquette, publicité, manuel d’utilisation des produits de la concurrence…).

  Les sources informelles sont à dominante orale et ne se situent pas dans un  « lieu » précis : propos recueillis dans les salons, les conférences (et dans les avions qui transportent leurs participants…), entretiens avec les clients, les fournisseurs… et tout ce que l’on peut appeler, selon l’expression       de       Bernard       Besson,       « la       mémoire »       de l’organisation  (compilation des notes de service, rapport d’étonnement, répertoire des compétences…)

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  LES  TROIS  TYPES  D’INFORMATIONS  EN  FONCTION  DE  LEUR  MODE D’ACCES

–         L’information ouverte est directement accessible à tous par des moyens légaux, « légale »

–        L’’information    entre    ouverte, s’obtient    par    des    moyens

détournés (typique des sources informelles) – « tolérée »

–        et devient fermée, lorsqu’on l’obtient par des moyens illégaux

(corruption, écoutes téléphoniques, cambriolages…). « illégale »

  Une     part     non-négligeable     des     informations     vraiment     utiles proviendraient des sources informelles et seraient  de couleur grise. Mais attention : « l’information marginale a un coût élevé qui nécessite une étude  de  rentabilité  préalable ».  Il  convient  en  effet  de  vraiment évaluer  le coût  de l’information supplémentaire, car ce n’est pas l’information que l’on désire réellement importante, c’est celle qui est nécessaire à la prise de décision.

  L’analyse repose également sur des savoir-faire de l’ordre du tri et de l’évaluation. C’est l’étape de fiabilisation. Les deux paramètres de l’évaluation sont la probabilité de véracité de l’information et l’enjeu qu’elle représente pour l’organisation. Il faut évaluer les sources d’informations  et  donc  établir  la  cotation  de  l’information   par  la pratique du recoupement.

  Le  recoupement   nécessite  toujours  de  vérifier  l’indépendance  des sources auxquelles on s’adresse les unes par rapport aux autres, d’autant que  les  entreprises  dans  le  cadre  d’une  stratégie  défensive  de  leur propre  intelligence  envoient  des  « leurres »  (faux  dépôts  de  brevet, rumeurs non fondées, déversement sur Internet d’énormes masses d’informations pour noyer l’essentiel…). Fort de la validité  des informations qu’ils ont en main, les analystes pourront commencer leur

« épluchage » des données recueillies : c’est le traitement.

  L’interprétation est une phase décisive de la chaîne. Ceux qui en ont la charge ne disposent en général que d’informations partielles et dans certains cas de peu de temps pour établir entre elles des liens intelligents et ainsi reconstituer au mieux le tout. Hiérarchiser, relier, rendre intelligible  et  synthétiser  donnent  enfin  naissance  au  produit  fini :  le renseignement.      On      retrouve      chez      les      « interprètes »      des profils  atypiques se distinguant pour leur flair, leur perspicacité, leur

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ténacité, leur sagacité associés à la variété de leur expérience opérationnelle et à leur complicité avec la direction qui en fine prendra des décisions.

  La dernière phase de la chaîne de valeur est la diffusion.  Il s’agit de communiquer les renseignements à l’ensemble des décideurs ou responsables  pour  lesquels  ils  auront  une  valeur  d’utilité.  C’est  une phase délicate qui se heurte à des blocages culturels et organisationnels. Peu portés à comprendre les autres cultures, peu enclins à partager le pouvoir, cramponnés au corporatisme, vouant un culte aux élites, les Francophones ont tendance à retenir l’information pour conforter leur autorité dans les entreprises.

  Selon Amath SOUMARE, Président de SOPEL International, le renouveau de la Bourse implique d’une part que les investisseurs, sur le modèle anglo-saxon, recherchent de plus en plus des analyses sur  entreprises cotées.  Cette nécessaire ouverture n’empêche   cependant pas que la diffusion soit contrôlée et adaptée en fonction  de ses destinataires dans l’optique de ne pas exposer l’organisation aux actions d’intelligence économique de ses fournisseurs, de ses clients, sans parler de ses concurrents.

  L’ensemble   des   maillons   de   la   chaîne   de   la   valeur   ajoutée   de l’intelligence économique peut être effectué en interne ou par des partenaires externes en fonction d’une analyse coût/efficacité. La segmentation s’avère alors utile pour classifier l’univers de l’intelligence économique.

  LES OUTILS INFORMATIQUES DE TRAITEMENTS DE L’INFORMATION

  Les  techniques  informatiques  permettent  certes  de  faire  face  à  la croissance exponentielle des volumes d’information à traiter. Mais seul l’homme peut conférer une vraie valeur au renseignement.

  L’accélération   du   rythme   des   innovations   informatiques   a   donné

naissance à un vaste « domaine numérique » de dimension planétaire

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rempli d’une substance informationnelle souvent qualifiée de « liquide » ou  de  « magma ».  Cette  masse  informe  est  hyper  abondante,  en perpétuel  mouvement  et  se  déplace  à  très  grande  vitesse.  Si  les nouvelles technologies de l’information sont habiles à en favoriser les flux, sont-elles à même de la capter finement et surtout d’aider l’homme à lui donner un sens ?

  Les chercheurs et les ingénieurs en informatique cherchent à apporter leur contribution à la création de valeur de la chaîne de valeur ajoutée de l’intelligence économique. Aujourd’hui, certains outils s’avèrent être d’excellents « manutentionnaires » pour l’étape de la  collecte. Il existe ainsi une panoplie de techniques dans les domaines du stockage de données (datawarehouse), de l’aide  à la recherche (datamining) ou de la gestion électronique de documents (GED). Trier, compiler, classifier, archiver   relèvent   désormais   d’une   technologie   « de   routine »   qui représente  un  pourcentage  faible  de  la  valeur  du  renseignement. Certains outils récents dans le domaine des technologies de la connaissance s’avèrent plus intéressants pour la phase d’analyse.

  Les systèmes ne font qu’apporter une assistance à des analystes humains en facilitant leur accès, et en particulier la rapidité de celui-ci, à l’information sur de grands flux de messages. Ils ne prennent donc aucunement en charge la synthèse, ni aucune forme de raisonnement  et d’apprentissage à partir des situations rencontrées. Les systèmes de traitement automatique des messages ne constituent pas une automatisation des métiers de l’analyste. La plupart des tâches essentielles comme la gestion d’hypothèses, la synthèse de l’information et l’évaluation  de la vraisemblance incombent à l’homme en dernier ressort. L’inspiration, l’intuition, le rêve, la perspicacité, le questionnement demeurent des termes auxquels on ne peut accorder l’adjectif « artificiel ».

  LA VISION COMME FONDEMENT DE L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE

La vision, perception originale et subjective de l’univers concurrentiel, est  l’inspiration  fondamentale et  nécessaire de l’intelligence économique. Son essence : une capacité à rompre avec les modes de pensées  traditionnels  en acceptant la  combinaison de la raison et le l’intuition.

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  « Faut-il se résigner à naviguer petitement dans le grand mécanisme des choses ? Pour ma part, je pense que nous pouvons faire mieux à partir d’un effort de réflexion, de remise en cause fallacieuse des évidences qui nous égarent » proclame Claude Riveline, professeur à l’Ecole des Mines.

  De fait, la préconisation cartésienne de séparer en problèmes simples ce qui à l’origine formait un tout compliqué ne constitue plus, en dépit des apparences, un modèle de raisonnement générateur de richesse face  à la complicité actuelle d’abondance et de sens. Les stratèges d’entreprises ont  désormais  à  puiser  leurs  forces dans  des modes de réflexion où l’intuition et la créativité occupent une nouvelle place.

  L’intelligence économique s’inscrit dans des courants de pensées philosophiques et scientifiques qui remettent en cause les théories traditionnelles  mécanistes  et  rationnelles  d’interprétation  du  monde. Des mathématiciens comme René Thom proposent à leurs pairs d’utiliser la métaphore dans leurs recherches. Bachelard a suggéré en son temps de préférer le « Pourquoi pas ? «  où la théorie précède l’expérience au

« Pourquoi ? » où l’expérience précède la théorie.

L’attitude  qui consiste à vouloir appliquer des principes généraux à des cas particuliers nuit à la recherche d’une vérité créative  aujourd’hui indispensable aux stratèges.

  Ce  qui  fait  la  différence  entre  les  entreprises,  c’est  leur  aptitude d’ouverture au monde et d’appropriation de toutes les qualités des visionnaires comme l’anti-conformisme, la curiosité et l’intuition. Etre visionnaire relève d’une forme d’esprit qui applique le « Esse e percipi » (Etre  c’est  percevoir)  de  Georges  Berkeley.  Le  visionnaire  jouit  d’un champ visuel de 360° qui lui permet d’arriver à prendre du recul au moment même où le présent se déroule et de parvenir à faire le tri entre l’ordre et le désordre qui cohabitent dan système complexe ; un piège serait  de  ne  pas  voir  le  jeu  dans  son  ensemble  car  on  ne  peut  pas changer ce que l’on ne voit pas…

  La   puissance   des   stratèges   naît   finalement   de   la   croisée   entre volontarisme et opportunisme  décrite par Machiavel : pour consolider l’Etat, le Prince doit faire preuve d’habilité (Virtus) en exploitant avec profit tous les éléments de la contingence (Fortuna). A l’instar du Prince de  Machiavel,  le  décideur  sait  à  la  fois  de  fier  à  son  intuition  pour

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repérer  l’utilité d’une information – clé que le hasard  met sur sa route ou  partir  à  la  recherche  volontaire  et  structurée  de  celles  qui  lui manquent pour optimiser ses décisions. C’est  la combinaison du savoir et de la créativité qui permet de percevoir ce que d’autres ne voient pas et de comprendre comment ce qui a été vu peut affecter l’organisation.

  Cependant, l’émergence d’une vision est rendue difficile par l’obstacle des  savoirs  antérieurs  non  remis  en  cause.  « On  connaît  contre  une connaissance antérieure, en détruisant une connaissance mal faite » a souligné   Bachelard   dans   la   formation   de   l’esprit   scientifique   : contribution à une psychanalyse de la connaissance. Dans cette idée, l’intelligence économique obéit aux règles des grands processus d’apprentissage ; la vision du décideur, qui en est le moteur, repose sur la faculté  de questionnement et de remise en cause permanente du savoir.

  La vision des futurs possibles de l’organisation trouve sa concrétisation dans l’exploitation des idées, intuitions et savoirs des acteurs des réseaux humains de confiance  de l’organisation, essentiels pour l’efficacité de son intelligence stratégique.

  Conclusion

L’intelligence économique en tant qu’ensemble d’actions coordonnées de   recherche,   de   traitement,   de   diffusion   et   de   protection   de l’information utile aux acteurs économiques et aux gouvernements dans le cadre de la sécurité économique, doit être rentable et servir à l’élaboration   de   la   stratégie   de   l’entreprise,   ainsi   que   dans   les manœuvres          d’influences          qu’elle          exerce          sur          son environnement immédiat (les stratégies de Lobbying par exemple).

  Comme le souligne le rapport H.MATRE « Ces différentes actions sont aussi menées légalement, dans les meilleures conditions de qualité, de délais et de coût, tout en s’ordonnant en un cycle générateur d’une vision partagée des objectifs stratégiques à atteindre dans les entreprises ou les organisations ».

  L’intelligence économique est marquée par la permanence du cycle du renseignement. L’information étant vue comme un besoin permanent et stratégique : de sa qualité dépend l’orientation de la politique de l’entreprise ou de l’Etat, et les différentes actions à entreprendre.

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  L’information   était  un  préalable  à  toute  action,  elle  est  devenue aujourd’hui un pré-requis. Comme un général n’envoie pas ses soldats au combat sans disposer d’une vision à la fois globale (identité des forces ennemies) et précise (nombre de divisions, systèmes d’armes utilisés), un chef d’entreprise se doit d’avoir, à chaque instant, une idée exacte des éléments constituant son environnement : Les produits et leurs marchés, les          concurrents,    l’environnement    global    (économique,    juridique, politique, social).

  Et cette idée s’acquiert grâce à une pratique permanente de l’intelligence économique, comme la vision globale du champ de bataille qui s’obtient par une pratique du renseignement économique en permanence dans le développement économique, financier et technologique.

  Dans  cette  bataille  de  positionnement  économique  qui  se  jouer  à l’échelle mondiale, il ne faudra pourtant pas se tromper d’époque, ni de lieu. Les managers africains qui n’ont naguère engagé toutes leurs forces dans cette bataille, ne doivent pas oublier que la communication dans ce sixième continent est basée sur le multimédia (texte, image, son).

  L’Afrique, initiateur du multimédia avec l’invention de l’outil et des hiéroglyphes ne perdra certainement pas l’occasion de prendre le train du nouveau numérique.

  Le patriotisme  économique exige  que  toute  la  diaspora  africaine,  les associations de développement, les chercheurs, les responsables politiques,  les  dirigeants  d’entreprises  doivent prendre  leur responsabilité et contribuer activement dans le renouveau du système actuel, par des actions innovantes, concrètes et adaptées,  si nous ne voulons pas encore une fois rater le train du troisième millénaire.

  Nous avons tous le devoir de rendre au continent Africain une dignité et un épanouissement économique, culturel et commercial, digne de l’Egypte ancienne.

  Je  vous  remercie  tous  du  fond  du  cœur  de  votre  écoute  active,  et souhaite que notre patriotisme et notre volonté, soient le ciment de notre unité, notre réussite et que nos différentes collaborations contribuent   à   faire   du   continent   Africain,   de   nos   entreprises   et

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organisations, un véritable réseau d’influence et un pôle d' »Intelligence »

du nouveau millénaire.

  Après quarante années (50) d’apprentissage, Il n’y a plus de place pour le doute. Toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour que les entreprises et Etats africains entament avec peu de moyen et beaucoup de motivation et de connaissances, le chemin du développement économique durable.

  Seule une parfaite maîtrise de tous les nouveaux outils et méthodologies permettront de nous adapter dans ce nouveau contexte de la mondialisation, de l’info guerre, des nouvelles technologies, et surtout, à travers les actions exhaustives suivantes :

  -Mise   en   place   de   cellules   de   veille   technologique,   économique, culturelle, juridique, concurrentielle, législative, géographique, géopolitique et sociétale.

  -Diversification  des  partenaires  économiques  et  techniques  du  co-

développement

  -Pratique du Lobbying dans tous les grands organismes internationaux

  -Maîtrise de la propriété industrielle, technique et culturelle

  -Le renseignement économique à travers les consulats, ambassades et représentations diplomatiques

  -Protection  du  patrimoine  scientifique,  culturelle,  technique  et commercial de l’entreprise

  -Démarche économique globale à l’export avec une diversification des pays fournisseurs

  -La  sécurité  économique  des  entreprises  par  la  mise  en  place  de

structures adaptées

  -Patriotisme économique à travers l’éducation et la sensibilisation sur la

citoyenneté

  -Maîtrise des bases de données, de l’Internet et des autres réseaux de

communication ouverts

  -Mise en place du « Network Education » (formation à travers les réseaux)   -Application des techniques de la pédagogie active : l’apprentissage ou le

« Faire faire » ou les chantiers écoles.

  Cette mise en place peut offrir à court terme, une opportunité supplémentaire de mieux connaître l’Afrique, sous représentée dans les médias   traditionnels   occidentaux.   Il   permet   surtout   aux   Africains

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d’accéder aux banques de données et d’informations entretenues dans le secteur privé et les organisations internationales et les ouvrir aux échanges.

  Ces systèmes d’informations électroniques, entre autres utilisations concrètes, qui ont permis de dialoguer entre scientifiques africains, européens, et américains sur le virus EBOLA qui à sévi au Zaïre. Il a également été possible de constituer des bases de données socio- économiques concernant l’application des programmes d’ajustement structurel dans les pays du sud. Avec quelques bonnes volontés, aujourd’hui,  un  jeune chercheur  du  sud,  peut  avoir  accès au dernier rapport sur la production de mil ou de riz d’une université américaine ou asiatique spécialisée dans la culture subtropicale.

  Autrefois, on mesurait le bien être d’un pays à travers le solde de sa balance commerciale, aujourd’hui nous vivons dans une civilisation cognitive ou les idées sont beaucoup plus puissantes que le travail dans les usines.

  La seule chance inouïe que les pays africains ne doivent pas rater, c’est

de développer des programmes d’éducation, de santé, de sensibilisations à travers les nouvelles technologies (network education ou distance learning, programme healthnet, etc).

  Un exemple réussi dans ce domaine est le cas de l’Inde, qui est l’un des pays du tiers monde ou le « network education » a largement réussi à enrayer l’ignorance, l’analphabétisme et faciliter les échanges avec l’international.

  Aujourd’hui, presque toutes les banques européennes, les compagnies aériennes, et d’autres secteurs d’activités des pays du Nord sous-traitent le développement informatique de leurs logiciels ou de leur comptabilité dans ce pays.

  Le télétravail en plein essor, est une composante des nouveaux métiers

des nouvelles technologies de l’information (TIC) à accentuer en Afrique, en raison des coûts faibles de la main d’œuvre et pour résorber le chômage.

  L’Afrique peut redresser sa situation économique en retard, parce que, sur le plan de la technologie, de l’innovation, et de la création, moins on est encombré par des idées du passé, plus on est créatif et ce sont des outils qui  sont à la portée de tout le monde aujourd’hui. On peut être en Afrique  et,  si  on  a  des   idées intéressantes, à travers  Internet et  les réseaux par exemple, on peut les convoyer à n’importe qui, et les fruits en reviendront toujours.

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  Il faut changer tout le système de référence du développement des pays et des  entreprises  basées sur le « concurrent  engineering« , c’est à dire essayer d’avancer en commençant à partir de la base. Le développement tant au niveau des entreprises que des Etats, doit se faire à partir sur plusieurs plans concurrents de façon simultanée.

  L’état  actuel  des  nouvelles  technologies  doit  permettre  un  point  de départ pour la création des méthodes adaptées à l’éducation de base, en vulgarisant les concepts les plus avancés de la technologie, et en les mettant à portée de main des enfants, dès leur plus jeune âge.

  L’Afrique  possède aujourd’hui, toutes les potentialités pour vaincre l’ignorance, éloigner les guerres tribales, apporter des faisceaux de connaissances, élever le niveau culturel, technologique et intellectuel de sa jeunesse, unir toutes les forces dispersées dans un développement harmonieux et stratégique, mais faut-il que la volonté politique soit assez déterminante      pour      susciter,      motiver      et      canaliser      toutes ces énergies vitales.

  A  l’heure  où  s’accélère le processus  de  globalisation et la  facilité de transfert transfrontalier des technologies, une population éduquée et en bonne santé devient indispensable non seulement pour assimiler et utiliser les technologies nouvelles mais également pour participer réellement aux échanges internationaux.

  Une main-d’œuvre formée ne suffit cependant pas.  L’Union Africaine doit  se  doter  de  la  capacité  institutionnelle  et  de  gestion  qui  lui permettra de prendre les bonnes décisions, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Seule cette démarche lui permettra de lutter efficacement contre la pauvreté, d’assurer une croissance économique soutenue et soutenable, et de parvenir à une intégration réaliste de la région dans l’économie mondiale.

  Les choix stratégiques des gouvernements des pays en développement africain à travers la Nouvelle Initiative Africaine (NEPAD), doivent désormais être guidés par le principe de l’exploitation optimale des divisions actuelles du travail. Comme indiqué plus haut, celles-ci font que le travail à faible valeur ajoutée tend à être transféré vers ces pays. Il appartient donc à leurs gouvernements de veiller à accroître progressivement la valeur ajoutée des systèmes de production. Cette orientation conjuguée aux transferts de technologies et au relèvement

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de la formation devrait conduire à une intégration durable au sein du système économique mondial.

  Dans  un  monde  de  plus  en  plus  interdépendant,  non  seulement  en matière économique et commerciale mais également dans des domaines tels que la protection de l’environnement, l’immigration, la sécurité et d’autres secteurs problématiques, gouverner devient une activité de plus en  plus  participative  et  dense  en  information.  Le  pouvoir  exécutif  a perdu et continue de perdre de son importance au profit du pouvoir réglementaire, et ce processus se vérifie aussi bien dans les pays avancés que dans les nations en développement.

  Dans ce nouveau contexte, les éléments clés deviennent l’éducation afin d’optimiser le potentiel humain, la flexibilité dans les processus décisionnels et la mise en réseau des ressources humaines au plan régional et international, parallèlement à la recherche permanente d’une plus grande transparence et d’une véritable démocratie. Telles doivent être  les  priorités  absolues  des Etats  modernes décidés  à  réussir  leur intégration sur la scène mondiale.

  Le problème de la bonne gouvernance et du gouvernement des nations s’impose dans le devenir politico- économique de l’Afrique. Pour rester compétitif ou simplement pour survivre, il faut désormais maîtriser parfaitement   l’environnement  global  de  l’entreprise,  à  savoir  une maîtrise et un meilleur contrôle de tous les circuits d’information stratégique. Il devient dès lors urgent de prendre conscience des enjeux pour les entreprises africaines.

  Les  pays  africains  ne  doivent  pas  rater  cette  occasion  unique  de s’accrocher enfin aux wagons de la nouvelle économie. Si aucune action significative n’est faite rapidement aujourd’hui, ils pourraient être coupables de négligences demain.

Drafted By M. Amath SOUMARE

Senior Expert Intelligence Economique & Développement (Etats, Entreprises & Collectivités) Président SOPEL International, Paris

CANE Executive (Centre Africain de la Nouvelle Economie)

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Tel: +331 7769 5542 /+331 7769 5248/+1 202 280 7015 /+221 33 823 1157/ +221 77 617 2875

E-mails:  asoumare@cane-executive.com –  asoumare@gmail.com

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